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Critique de Plastic Beach, Gorillaz

5 ans se sont écoulés depuis « Demon Days« ….5 ans ! En faisant le calcul, je viens de réaliser que j’étais encore au lycée en train de préparer gentiment mon bac lorsque cet album de folie est paru ! Ça date pas d’hier et du coup pour tous les admirateurs de Gorillaz, « Plastic Beach » a très vite été considéré comme l’évènement à ne pas manquer en 2010, une sorte de messie tellement prisé qu’on s’attend presque à la grosse claque de la décennie.

gorillaz_plastic-beach_artwork

Mais bon, pour être franc, lors des premières écoutes, j’ai d’abord été atterré par l’incohérence de cet album, son manque de richesse, et ses mélodies funky (rahhh le funk, quelle horreur…).

Bon ok, à la base je ne suis pas un fan de hip-hop/funk déjà, ça aide pas forcement. Néanmoins, sur « Demon Days » le mélange des sonorités trip-hop, dub, et je ne sais quoi encore, tenait du génie. S’en était même bluffant. Ici, le côté alternatif est quasi-absent, écrasé par une vague de hip-hop et d’electro-funk que se partagent laborieusement les invités (bien trop nombreux si vous voulez mon avis). Si bien qu’au final, Plastic Beach se révèle être plus un simple gloubiboulga de featurings qui, je le redis, pètent toute la cohérence de l’album.

Pourtant, ça commence plutôt bien.

L’intro digne d’une B.O de film pose sobrement le décor, tandis qu’arrive Snoop Dog pour ouvrir le bal. Je ne peux pas blairer ce mec, mais le morceau s’avère plutôt cool avec son synthé uninote et planant en fond couplé à un beat réservé et chaleureux. On se dit « ok, c’est l’intro d’une œuvre de foufou je le sens ! »

« White Flag » se barre déjà beaucoup plus en sucette, une intro à faire pouffer de rire tellement la mélodie pourrait convenir à un nouvel épisode de Bambi, quoique en réalité j’ai plus eu l’impression d’écouter un titre de Vampire Weekend. Puis Kano, Bashy & co slament à cœur joie sur une mélodie composée à l’Ordi-Baby. Bon, passons…

Je continue, je continue, et plus j’avance dans l’album et plus je me dis « Moue, bon allez, là, le prochain morceau ça va dépoter ! » Sauf qu’on attend, on attend, et au final il n’y a rien qui sort vraiment du lot….Décevant.

Mais on rembobine. Là, on était trop nostalgique de « Demon Days ». « On reprend, on ouvre grand les oreilles, cet album est différent, va falloir s’y faire !« . On souffle un bon coup, on serre les fesses, et on recommence. Encore et encore. Et devinez quoi ? Au final, je serais pas dire si l’album est vraiment bon ou mauvais, mais il y a quand même un petit déclic qui s’opère à un moment donné et on découvre un ensemble d’arrangements et de détails qui donnent du corps à Plastic Beach.

L’album ne serait donc pas le reflet des détritus sur l’île abandonnée ? Possible.

Ce qui me redonne de l’espoir, c’est des titres comme « Rhinestone Eyes« , « Empire Ants » (la montée electro pour donner le chant à Little Dragon est franchement cool), ou « Broken » (quoique très inspiré de The Good, The Bad & The Queen), et même « Stylo » ! Quoique quand j’y repense, lorsque j’ai découvert ce dernier ma réaction a été directe : « C’est quoi cette bouse ?!« . Mais on s’y fait…. »On s’y fait ?! »….Bon ok, faut admettre qu’en réalité, c’est pas folichon tout ça, et que inconsciemment on se formate pour apprécier les morceaux plus qu’autre chose. Dur.

gorillaz_stylo

De plus, il y a des titres qui arrangent pas l’affaire ! Je pense notamment à « On Melancholy Hill« , fait sur commande par MGMT nan ? Franchement, Damon Albarn ! Non ! NON ! Vous voulez que je vous redonne des titres excellents en voilà : « Last Living Souls« , « Kids With Guns« , « O Green World« , « Dirty Harry« , « Feel Good Inc.« ….ah, mince ils sont tous sur Demon Days. C’est balo.

Heureusement qu’il y a de petites surprises pour se dire que Plastic Beach n’est pas totalement raté : « Some Kind Of Nature« , un morceau où on sent que Damon Albarn et Lou Reed se font plaisir, et « Plastic Beach » feat Mick Jones et Paul Simonon, morceau souvent descendu par les critiques et que je trouve pourtant assez génial, au moins le morceau est fait de quelque chose, il y a une ambiance pensée derrière. Ok les chants sont un peu agaçants, mais tout de même.

C’est marrant car il y avait une rumeur comme quoi l’album qui circulait sur le net avant sa sortie était un gros fake généralisé. Rumeur éteinte depuis la vraie parution bien sûr. Mais c’est étrange. Les gens désespérés de voir l’album aussi peu convaincant inventent carrément toute une histoire dans l’espoir de voir apparaitre le vrai album par la suite…Nan ! Plastic Beach est une déception générale, il faut bien l’avouer. Celui qui dira le contraire reste, à mon sens, aveuglé par le nom « Gorillaz« …. Mais un nom ne fait pas tout, prenez U2 par exemple….bon, hein ! On a vite compris !

Ce qui est dommage aussi, c’est que le côté assez…underground des 2 premiers album a été pour ainsi dire remercié, au profit d’un ton nettement plus funky. Alors ceux qui adorent ça, tant mieux pour vous. Pour tous les autres, je pense que vous pouvez laisser Plastic Beach prendre la poussière…

On peut saluer quand même le fait qu’on ne nous ai pas servi un album trop copié/collé des 2 premiers, chose qui aurait satisfait pas mal de monde certes, mais sans réelle inventivité.

Ici, Damon Albarn et ses potes ont cherché à créer un truc génial, ça se sent. Mais ils ont eu du mal à parvenir à leurs fins, et ça aussi ça se sent ! Dommage.

L’album est dispo sur Spotify…..(et les 2 albums d’avant aussi, si vous voulez vous rappeler à quel point c’était bon avant…).

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Commentaires

  1. Michaël
    13/03/2010 à 14:10 | #1

    Pourtant moi, j’aime On Melancholy Hill, Empire Ants, Broken et Some Kind of Nature. J’avoue que le reste pas du tout. Dans l’ensemble, on dirait plus du Hip-Hop Alternatif très creusé. Plus de guitare, plus de groove sombre, plus d’enfants qui chantent en coeur et plus de thème entrainant CREDIBLE. Je suis d’accord avec toi mais je pense qu’apart un trop plein de featurings, c’est juste une autre face de Gorillaz, peut-être un peu trop joyeuse et pas assez ironique de Gorillaz qu’on découvre.