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Critique de Horehound, The Dead Weather

Je le disais déjà dans mon article la chanson du matin #4, Jack White est de retour (encore) au sein de The Dead Weather, la « super formation » dont on attend à la fois un choc musical (faut dire que voir ensemble : Jack White, Alison Mosshart, Jack Lawrence et Dean Fertita…il y a de quoi faire saliver les fans)  mais aussi une simple et anodine mixture car, faut pas se leurrer, ce que nous propose ces 4 enfumés c’est une grosse mayonnaise de Raconteurs, The Kills, White Stripes, et Queen Of The Stone Age.

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Enfumés… pourquoi ce mot ? Parce que après avoir écouté plusieurs fois « Horehound« , l’une des premières idées qui m’est venu à l’esprit c’est que cet album sent la clope à plein nez. On est typiquement dans sur un registre bien crasseux, vous savez, ce genre de disque qui vous donne envie de cracher un mollard à ne pas passer sous l’arc de triomphe…(?!.. il est tard..).

Bref, euh, du bon gros rock bluesy comme ils savent tous les 4 le faire (en particulier Mister White), étalé sur 11 morceaux pas révolutionnaires certes, mais ingénieux, maniant tout aussi bien retenue et rage incandescente. Pour cette dernière on notera surtout la bombe « Treat Me Like Your Mother » (dont la lancée du début me fera toujours sourire de plaisir) qui est pour ainsi dire le morceau démonstratif de la puissance du quatuor.

A noter aussi la complémentarité des voix d’Alison et Jack qui vous fera regretter une présence plus assidue de Meg White au chant dans les White Stripes. Cela dit, celle-ci n’aurait pas le ton si nerveux et tranchant d’Alison… Alison qui ne semble pas du tout perdue par l’absence de son comparse Jamie Hince, au contraire, on la sent encore plus hystérique dans son genre, et toujours aussi sexy…dans son genre.

Ce qui me plait beaucoup dans cet album, c’est la façon dont le rythme a été conçu, et le fait que les morceaux ne soient pas uniformes dans leur structure. Le schéma « couplet-refrain-couplet-refrain-pont-refrain » est un peu délaissé, ou du moins, la construction et les arrangements des morceaux arrive facilement à le faire oublier. Le travail qui a été fait dans ce sens est assez remarquable, en gros, le quatuor s’est posé et a fait la musique comme il l’a sentait et c’est juste plaisant à écouter.

N’ayez pas peur de « 60 Feet Tall » qui démarre l’album, le morceau peut paraître dur à cerner au premier abord mais il s’avère de plus en plus entêtant et imposant à force de le passer.

« Hang You From The Heavens » et le riff de basse à Jack Lawrence…mhh, simple et efficace, un morceau très accrocheur, pas étonnant qu’il s’agisse du premier single, fallait bien ça pour faire baver tout le monde. La prestation chez Conan O’Brien en juin était pour le moins ébouriffante !

Ils sont à fond dedans, c’est génial.

Et puis, il y a plein de petites choses qui vous font dire « c’est bien trouvé » ou « ah ça me manquait ça ! ». Je sais pas, le petit solo de batterie sur « Hang You From The Heavens » justement, c’est tout con, mais m’empêche que laisser parler les toms basse pendant un cours instant, on entend rarement ça. D’habitude, si tant est qu’il y est un « solo de batterie », c’est plutôt du genre à balancer de la caisse claire aussi vite que possible et dans tous les coins, donc bon.

Mention spéciale pour « Cut Like A Buffalo » aux airs très reggae et qui permet ainsi de casser la monotonie que certains pourraient ressentir. Pour tout le reste sinon, il est clair que c’est très ledzeppien dans l’âme (les solos de « New Pony » par exemple, morceau composé par Bob Dylan à l’origine), on pourra peut-être regretter une influence plus forte du Velvet Underground d’ailleurs…ça c’est un avis plus personnel, mais disons que ça aurait permis d’avoir un son peut-être moins étiqueté « Jack White & Co ».

Oh j’allais zapper de parler de la pochette… la voici la voilà !

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Très représentative du son de l’album (obscur !), l’idée de masquer les yeux d’Alison Mosshart a pas du être trop dur à trouver car on peut se demander si elle a  vraiment des yeux derrière ses longs cheveux noirs. Bref, tout en symétrie, bien dark, et surtout prêt à vous érafler.

J’ai envie de dire : tous les titres sont bons sur cet album : « Rocking Horse« , « Bone House« , l’instrumental « 3 Birds« …mais  bon, c’est vrai que c’est des morceaux auquel on est déjà un peu habitué de la part des 4 membres, du coup, un  sentiment de frustration peut vite s’installer par moments et vous empêchera d’affirmer ce que j’ai dit au début de ce paragraphe :P

Coup de cœur pour la chanson de conclusion « Will There Be Enough Water? » , tout en délicatesse et assez distante par rapport au reste de l’album grâce aux notes de piano plus propres et à sa guitare (electro)acoustique très lyrique. Un petit bijou qui clôt plutôt bien le voyage rock plein de sueur .

En voici une interprétation filmée à La Cigale le 29 juin dernier, pour le coup, le côté posé est délaissé au profit d’un Jack White qui se lâche à la gratte (Jack Lawrence a pris la place à la batterie).

Au final, « Horehound » délivre des morceaux qui pourraient très facilement trouver leur place dans un « Fight Club » … ou un « Sin City », enfin tous ces films assez dark et underground vous voyez. Un album parfait pour cramer un peu toute la pop/electro nasillarde qui tend à se répandre un peu ces temps-ci.

Une œuvre aussi résolument rock ça fait plaisir ! Je vous conseille donc vivement de l’écouter, car c’est sans aucun doute un passage obligé de cette année 2009.

Découvrez la playlist The Dead Weather de ste7en

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