Critique de Wolfgang Amadeus Phoenix
Derrière ce titre non moins prétentieux censé lancer une pseudo polémique (…flop !) se cache le nouvel opus des … ah ça fait plaisir de dire ça : des Français ! ils sont français ! bref, le nouvel effort de Phœnix qui va certainement occuper une place importante dans les baladeurs mp3 cet été
C’est vrai qu’en général, la musique des 4 français colle plutôt à une ambiance « bonne enfant », joyeuse, qui donne la pêche, « c’est l’été, c’est la fête, whou whou ! » etc. Eh bien, sachez que c’est encore le cas avec cet album. Concrètement, aucune révolution dans le son du quatuor, j’ai même envie de dire : Phœnix fait du Phœnix, même si certains fans vont crier au blasphème…ou pas.
En fait, je vais embrayer direct avec le gros défaut de l’album, comme ça sera fait.
Ainsi, il faut dire ce qui est : les titres se ressemblent beaucoup les uns aux autres. Par contre, ce qui est bien, c’est qu’il s’agit là du seul défaut vraiment notable selon moi.
Et encore ! Ils arrivent presque à nous le faire oublier grâce à des titres comme « 1901 » plus péchu grâce à ses accords efficaces et soutenus par un gros son de synthé , ou encore avec « Love like a sunset » qui sort du lot par son caractère progressif (ce serait parfait pour faire l’entrée en live du groupe non ?), voir expérimental, et où on sent que le groupe a voulu se détacher un peu de la routine. C’est un peu comme le « Lucid Dreams » présent sur le dernier album de Franz Ferdinand. Le groupe s’essaye à des sentiers inconnus et ça fait plaisir. Après l’inconvénient c’est que cela casse un peu la dynamique pop et virulente du reste de l’album.
Le reste justement, je vois tout le monde qui tortille du cul en parlant de l’album, mais même au bout de plusieurs écoutes, on peut pas dire qu’il y ai de grosse différence par rapport à « It’s never been like that » par exemple (qui était très bon cela dit en passant), sauf que le côté pop est encore plus poussé.
J’en profites pour glisser le clip de « 1901 » qui est plutôt sympa et esthétique grâce aux jeux de lumières (sinon c’est juste le groupe qui joue, on est d’accord). Il a été réalisé par l’agence créative Bogstandard , spécialisée dans le motion et qui a aussi travaillé pour The Levellers.
Bon après, on est aussi content de découvrir un titre comme « Fences » qui renoue plus avec l’état d’esprit des premiers albums, avec une mélodie plus posée et groovy. Après, je le redis (j’insiste ouai !), l’album nous offre des titres efficaces, ça, il n’y a pas à dire , prenez « Lisztomania » qui envoie la sauce sans perdre de temps, ou encore le très scintillant « Rome« , et la conclusion « Armistice« , mais tout cela se ressemble, c’est un peu dommage. Si bien que c’est un album à mettre en fond et basta, pas la peine de se soucier sur quel titre on est.
Après sur la direction de l’album, le quatuor s’est plus porté sur les références du continent, je cite : « Y avait l’idée de parler de la France, de l’Europe, de ne pas utiliser les thèmes éculés par le rock anglo-saxon« . Quelle meilleure façon de le faire qu’en chantant en anglais ! Bravo. Cela dit, c’est pas plus mal, on va pas s’en plaindre, le chant anglais étant quand même nettement plus charismatique aux oreilles. D’autant que c’est le seul moyen de s’assurer la sympathie de nos amis anglo-saxons.
Phœnix avait d’ailleurs fait sensation en interprétant « Lisztomania » au Saturday Night Live. On a de quoi être fier
Au final, un très bon album, qui souffre d’une certaine monotonie, voir d’une redite de l’album précédent. Mais ça n’empêche pas de fournir des morceaux entrainants et parfaitement calibrés pour les festivals qui s’annoncent.


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